Les principales questions que doivent se poser les parents

Les compétitions de jeu vidéo autrement appelées e-sport attirent de plus en plus de jeunes. Face à cette nouvelle façon de pratiquer le jeu vidéo, de nouvelles problématiques s’imposent aux parents et il est bon de s’y intéresser.

Pour commencer, savoir qu’en matière de e-sport, il n’y a pas que des jeux classés PEGI 18 comme on pourrait le penser de prime-abord. Les e-sportifs peuvent, par exemple, s’affronter sur FIFA (PEGI 3) ou même à travers des jeux de cartes (Hearthstone – PEGI 7). Bien maitrisé, le e-sport permet également d’acquérir ou perfectionner des compétences telles que l’anglais, développer ses capacités stratégiques, son mental et la cohésion d’équipe. Reste qu’il faut se montrer vigilant et encadrer la pratique de son enfant.

Le jeu auquel mon enfant joue lui est-il adapté ?

Avant tout, il est nécessaire de vérifier la signalétique PEGI du jeu qui informe sur l’âge à partir duquel un jeu peut être joué. Cette classification s’appuie sur la présence éventuelle de contenus sensibles pour les plus jeunes tels que la violence, la peur, le langage grossier… Il est important de noter que la signalétique n’indique en aucun cas le niveau de difficulté du jeu. Les jeux classés PEGI 18 sont clairement destinés aux adultes.

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Le jeu est-il gratuit ou nécessite-t-il des achats en ligne ?

Parfois acheter une boîte de jeu ne suffit pas. Un abonnement ou l’achat d’options peut être proposé. Avant d’acheter ou de télécharger un jeu, mieux vaut se renseigner sur le coût de son utilisation. Quant aux jeux free-to-play (« gratuits à jouer »), ils sont en règle générale téléchargeables gratuitement dans leur version de base, mais le contenu additionnel est payant. Il faut avoir conscience que l’utilisation de monnaies virtuelles (jetons, pièces d’or, diamants), de SMS ou appels surtaxés, représentent une vraie dépense en euros. Ne pas oublier également que les mécaniques de jeu sont souvent pensées pour inciter à la dépense !

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Avec qui joue-t-il ?

L’e-sportif est en interaction avec d’autres joueurs. Il est donc primordial de savoir avec qui l’enfant est en contact. S’agit-il de ses amis, joue-t-il dans un club (donc dans un cadre structuré et contrôlé) ou au contraire avec des inconnus ? En la matière, comme pour l’utilisation d’Internet, il est bon de rappeler les bonnes pratiques : ne pas communiquer son identité et ses coordonnées, ni celles de ses proches, ne pas se rendre à un
rendez-vous avec quelqu’un que l’on ne connaît pas et signaler tout comportement toxique ou propos abusifs.

Au-delà de jouer ou de participer à une compétition, un tournoi peut aussi être suivi en ligne et commenté en direct, sur des plateformes communautaires comme Twitch. Ces commentaires s’avèrent parfois passionnés, voire virulents. Il n’est pas rare d’y lire des propos grossiers, sexistes, racistes ou homophobes, au point que certains organisateurs de tournois se mobilisent pour lutter contre ces comportements. À noter que sur la plupart de ces plateformes, le chat peut être désactivé.

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Que regarde-t-il ?

Les compétitions en ligne sont suivies par des spectateurs de plus en plus nombreux. Les compétitions les plus populaires peuvent réunir plusieurs millions de spectateurs, souvent particulièrement investis et passionnés. Outre le « temps écran » consacré à cette activité auquel il convient d’être vigilant, l’audience du sport électronique est aussi convoitée par les éditeurs de jeu, notamment en vue de la monétiser, par exemple grâce à la diffusion de publicités. Certains éditeurs développent ainsi leur propre plateforme de retransmission d’événements e-sport, voire des écosystèmes complets dédiés au sport électronique, à la fois pour assurer la promotion de leurs jeux compétitifs (via la notoriété des tournois) et tirer profit de l’audience qu’ils génèrent. Le choix de la plateforme de diffusion, qui appartient parfois au développeur du jeu concerné, n’est pas toujours anodin.

Joue-t-il trop ?

Jouer à un sport électronique comme suivre les retransmissions en direct d’une compétition en tant que spectateur, peuvent s’avérer très prenant. Bien sûr,  cela dépendra du jeu en lui-même car les parties peuvent durer entre cinq minutes et plus d’une heure. Il sera préférable de ne pas opter pour des jeux très exigeants en termes de temps si l’enfant est jeune. A noter que certaines compétitions sont réservées à des joueurs majeurs. En tout état de cause, le temps de jeu vidéo (et plus généralement le temps écran) ne doit pas empiéter sur les activités scolaires et extra-scolaires de l’enfant. Il est bon également de savoir que progresser dans un jeu n’implique pas nécessairement une pratique permanente. Au contraire, il faut savoir se ménager et adopter une bonne hygiène de jeu car jouer trop nuit à la performance. Les e-sportifs professionnels l’ont bien compris, ils s’astreignent à une discipline de vie saine et équilibrée (alimentation, sommeil) tels des sportifs de haut niveau.

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Il veut devenir joueur professionnel, que peut-on lui conseiller ?

Comme pour le sport, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus ! Les meilleurs joueurs jouent régulièrement mais sans excès, ont une excellente hygiène de vie et pratiquent régulièrement de l’activité physique.

Certains établissements scolaires, notamment en Asie, aux Etats-Unis ou dans certains pays du nord de l’Europe, intègrent des cursus de sports électroniques. Souvent adossés aux formations « sport étude », elles visent à préparer les joueurs professionnels de demain. Ces cursus intègrent des phases d’entrainements aux jeux compétitifs les plus populaires, des cours de stratégie, des exercices visant à encourager la cohésion d’équipe et renforcer la concentration, des entrainements physiques, en plus de formations juridiques et économiques afin de mieux appréhender la dimension administrative d’une carrière de joueur professionnel (droit à l’image, contrats, etc.), voire d’envisager une reconversion dans la gestion d’équipes d’e-sport.

De manière générale, adoptez la même attitude vis-à-vis de la pratique d’un sport, à savoir intéressez-vous aux résultats, considérez les effets bénéfiques (socialisation, jeu en équipe, expérience de la compétition) et limitez les effets négatifs (encadrement du temps, vérification des compagnons de jeu).

 

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