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Troisième volet d’une série à succès initiée en 1997 avec la sortie du premier Diablo (qui posait alors les bases d’un genre largement décliné depuis, le RPG d’action), Diablo III est développé par le studio Blizzard Entertainment et connait, comme les opus précédents, un fort engouement populaire (le développeur revendique la vente de 4,7 millions de copies du jeu le seul jour de sa sortie mondiale, le 15 mai 2012, et la présence de 6,3 millions de joueurs au terme de la première semaine d’exploitation).

Déconseillé aux joueurs de moins de 16 ans par le système PEGI du fait de son caractère sombre, Diablo III contient des mécaniques de jeux violentes et est jouable exclusivement connecté à Internet. Le joueur est donc susceptible de côtoyer d’autres participants en ligne.

Le jeu

Diablo III se classe parmi les hack and slash (un type de jeux conduisant le joueur à affronter des cohortes de monstres particulièrement nombreux, qu’il faudra éradiquer rapidement à moins d’être rapidement submergé) et reprend les ingrédients des précédents opus.

Dans un univers dark fantasy infesté de créatures démoniaques, le joueur incarne un héros dont il choisit les principales capacités : un puissant Barbare ; un Féticheur manipulant les forces de la nature ; un Sorcier contrôlant les éléments ; un Moine spécialiste des arts martiaux combattant à mains nues ; ou un Chasseur de démons maniant deux arbalètes et des explosifs. Seul ou avec d’autres joueurs, le principal objectif du jeu consiste à traverser quatre « Actes » successifs de plus en plus difficiles et infestés de monstres de plus en plus nombreux et redoutables, pour atteindre et vaincre le boss final, le démon Diablo (au cours des trois opus de la série, les joueurs auront affronté sept démons majeurs ou mineurs).

La série des Diablo laisse par ailleurs une large place à « la collecte de trésors » ayant des capacités diverses (des objets magiques, armes, armures et autres potions) ramassé sur les cadavres des monstres vaincus. Le jeu est réputé pour son arsenal particulièrement vaste (on compte des milliers d’objets disponibles), invitant le joueur à faire des choix stratégiques d’équipement pour ses personnages (on pourra privilégier des objets aux capacités plutôt défensives ou offensives, augmenter la puissance d’attaque ou les points de vie de son personnage, sa résistance à certaines magies, sa portée de tirs, ses chances de trouver d’autres objets magiques, etc.).

Parents, soyez vigilants

Le temps de jeu. Diablo III s’appuie sur des mécaniques de jeu à la fois répétitives et chronophages, (éliminer des monstres, collectionner des objets), qui incitent à la rejouabilité (les joueurs pourront recommencer certaines phases de jeu identiques de très nombreuses fois dans l’espoir d’obtenir un objet particulier, par exemple). Le jeu revendique en outre une très longue durée de vie : les quatre Actes qui le composent nécessitent chacun de plus en plus de temps pour être explorés de fond en comble et sont proposés en plusieurs modes de difficultés (Normal, Cauchemar, Enfer et Armageddon) qu’il conviendra de débloquer successivement (le mode Cauchemar n’est accessible qu’après avoir terminé le mode Normal et ainsi de suite). Le joueur est par ailleurs incité à poursuivre sa progression dans la mesure où les objets magiques accessibles dans les hauts modes de difficultés sont de meilleure qualité (et plus rares) que ceux accessibles en début de partie.

En outre, pour résister aux épreuves et obstacles des différents actes, le joueur devra faire progresser son personnage qui gagne des « niveaux » au gré du jeu (du niveau 1 au niveau 60).  Et pour encore augmenter la durée de vie du jeu, en août 2012, le studio Blizzard intégrait un système dit « Parangon » : les personnages ayant atteint le niveau maximum initie une nouvelle phase de progression (comptant 100 niveaux supplémentaires à débloquer) permettant de gagner encore en puissance.

Un jeu toujours connecté. Si Diablo III se joue seul ou à plusieurs, il nécessite une connexion à Internet permanente pour jouer (les personnages des joueurs sont régulièrement sauvegardés sur des serveurs distants, sur le même modèle qu’un MMORPG). Selon le développeur, cette option obligeant le joueur à jouer connecté s’explique notamment par des raisons de sécurisation des comptes de jeu (la connexion empêcherait la triche).

Pour autant, lors du lancement et durant les quelques semaines qui ont suivies, Blizzard avait manifestement sous-dimensionné ses infrastructures, rendant le jeu inaccessible à nombre de joueurs (il était impossible de se connecter aux serveurs de jeu et donc de jouer). De même, le jeu étant tributaire de ses serveurs pour jouer, il convient d’avoir bien conscience que si le studio cesse l’exploitation de Diablo III et en ferme les serveurs, le jeu ne sera plus du tout utilisable en l’état.
Ce choix technique était particulièrement décrié lors de la sortie de Diablo III, au point de donner lieu à plusieurs enquêtes d’associations de consommateurs (en France, en Allemagne ou en Corée du Sud notamment), s’interrogeant sur la pertinence des choix du développeur au regard de l’intérêt du consommateur. En Corée du Sud (où le jeu en ligne est une institution), Blizzard a dû rembourser les joueurs n’ayant pas pu progresser suffisamment rapidement à leur goût du fait des piètres conditions d’accessibilité des serveurs.

Hôtel des ventes en argent réel.

Diablo III intègre par ailleurs un « hôtel des ventes en argent réel » permettant aux joueurs d’acheter ou vendre aux enchères des objets virtuels trouvés dans le jeu en affrontant des monstres. Les transactions se concluent dans la monnaie du jeu (des pièces d’or), mais aussi en devises bien réelles (dollars ou euros, donnant alors lieu à une commission reversée au développeur). Cette fonctionnalité optionnelle, interdite dans certains pays car assimilée à du jeu d’argent au regard des législations locales, est présentée par le développeur comme un moyen pour le joueur de « gagner de l’argent en jouant » mais s’avère aussi potentiellement une importante incitation à la dépense (lors du lancement du jeu, certains joueurs américains avaient déjà dépensé plusieurs milliers de dollars afin d’acquérir des objets virtuels rares, susceptibles d’équiper leurs personnages).

Dans ce contexte, on rappellera l’existence d’un outil de contrôle parental intégré à Battle.net, le réseau social de la marque et permettant de jouer en ligne aux jeux de Blizzard. Cet outil permet notamment aux parents de bloquer l’utilisation de « l’hôtel des ventes en argent réel » (en plus de contrôler le temps et les plages horaires de jeu du joueur, les modes de communication à sa disposition ou les fonctionnalités qu’il peut utiliser ou non). Le studio Blizzard en détaille le fonctionnement en vidéo.