Si le jeu vidéo est un loisir, il ne faut pas pour autant oublier qu’il s’agit aussi d’une industrie. Pour vendre les jeux, les éditeurs ont mis en place différents modèles économiques. Voici un tour d’horizon de ces principaux modèles de vente du jeu vidéo.

La vente (de boîtes) de jeux

La vente de boîtes de jeu est longtemps restée le modèle économique dominant de l’industrie vidéoludique. Il permet d’acquérir un jeu complet, jouable le plus souvent sans limite de temps, ni de contenu.

Outre la vente de boîtes de jeu physiques chez un revendeur, de plus en plus de jeux vidéo peuvent aussi être achetés en version dématérialisée, c’est-à-dire en téléchargement sur ordinateur personnel, consoles de salon ou appareils mobiles. Ils peuvent parfois être achetés avant même leur sortie commerciale, afin d’être téléchargés en avance : le joueur peut ainsi lancer sa première partie dès l’ouverture des serveurs de jeu.

Conseils : en boutique, vérifiez toujours la signalétique PEGI mentionnée sur la boîte qui précise les âges recommandés et indique les contenus sensibles du jeu. En ligne, la classification PEGI est généralement mentionnée sur le site du jeu. Configurez par ailleurs le système de contrôle parental. (insérer un lien hypertexte vers le contrôle parental)

Les jeux sur abonnement

Certains jeux en ligne, notamment les MMORPG, nécessitent le paiement d’un abonnement pour accéder aux serveurs du jeu – à défaut, le jeu n’est pas utilisable. Généralement, le premier mois d’abonnement est compris dans le prix de vente du jeu. Pour poursuivre son expérience au-delà du premier mois, il faudra payer un abonnement mensuel, trimestriel ou semestriel par carte de crédit, carte prépayée ou code audiotel.

Chez certains exploitants de jeu, il faudra s’inscrire et enregistrer son numéro de carte de crédit pour commencer à jouer même lorsque le prix du jeu intègre un premier mois d’abonnement. Le coût de l’abonnement est néanmoins prélevé chaque mois que si le joueur décide de poursuivre son aventure au-delà du premier mois.

Conseils : le fait de devoir acquitter un abonnement est toujours mentionné sur la boîte du jeu en magasin ou sur le site Internet de l’éditeur en cas de téléchargement. On y sera vigilant pour éviter les déconvenues. Pour certains jeux, l’abonnement est tacitement renouvelé. Il faudra donc se montrer prévoyant pour l’interrompre. D’autres jeux proposent des interfaces de désabonnement parfois laborieuses ou alambiquées, voire un désabonnement possible uniquement par téléphone.

Le « free-to-play »

Le modèle free-to-play (littéralement « jouable gratuitement ») consiste à distribuer un jeu gratuitement au moins partiellement. Le plus souvent, un jeu free-to-play est disponible en téléchargement gratuit et peut ensuite être joué sans limitation de durée. En réalité, dans la plupart des cas, seule une portion du jeu ou certaines fonctionnalités limitées est accessible gratuitement. Le contenu supplémentaire est vendu « à l’unité » dans une boutique en ligne. Le joueur a le choix entre objets virtuels, potions rendant le personnage plus puissant, contenus cosmétiques changeant l’apparence du personnage, animaux de compagnies virtuels, fonctionnalités de confort ou encore services en ligne.

Le modèle free-to-play est généralement présenté comme un mode de consommation vidéoludique « à la carte », c’est-à-dire que le joueur peut choisir précisément les contenus qu’il souhaite acheter et ceux qu’il laisse de côté.

Pour autant, la gratuité a souvent un prix et les méthodes encourageant les joueurs à dépenser font l’objet de théories très élaborées. Certaines consistent à proposer un contenu attractif ; d’autres plus nombreuses, misent sur la frustration ou l’inconfort du joueur. Il s’agit de lui imposer des contraintes, comme par exemples une interface de jeu peu pratique, un inventaire trop petit afin de lui vendre les solutions à cet inconfort, une interface plus modulable ou des espaces d’inventaires plus grands.

Conseils :

  • Gardez en mémoire qu’un jeu « free-to-play » est rarement « gratuit » ;
  • Le plus souvent, les boutiques de jeux « free-to-play » utilisent une monnaie fictive (des jetons, des crédits, des cashs, ) – chaque éditeur propose sa propre monnaie sur sa propre plateforme. Le joueur doit donc préalablement acheter cette monnaie avec de vrais euros ou dollars, avant de faire ses achats dans la monnaie en vigueur sur la plateforme. Attention, l’utilisation d’une monnaie fictive peut contribuer à faire perdre le sens de la valeur réelle de son achat ;
  • Soyez attentif lors de la validation de ces achats : dans certaines boutiques d’objets virtuels, les achats sont automatiquement validés sans demande de confirmation formelle, facilitant les achats non souhaités ;
  • Evitez d’utiliser les boutiques d’objets virtuels d’éditeurs ne mentionnant aucun moyen de contacts ou ne proposant aucun recours commercial.

Les « DLC »

Un « DLC », pour downloaded content, définit un contenu additionnel et optionnel : des modes de jeu inédits, un chapitre supplémentaire poursuivant l’histoire d’un jeu, etc. Il peut être téléchargé gratuitement ou acheté pour enrichir le contenu d’un jeu après sa sortie. Que le jeu soit vendu ou distribué en free-to-play, certains éditeurs proposent de nouveaux « DLC » très régulièrement, pouvant augmenter drastiquement la durée de vie du jeu, mais aussi son coût global.

Les « Pass saisonniers » (season pass) : certains éditeurs proposent des pass saisonniers permettant au joueur d’acquérir, à l’avance, plusieurs DLC qui seront disponibles ultérieurement pour le jeu. Le prix est généralement attractif, en ce sens qu’il est plus économique que l’achat de DLC à l’unité. Cependant, le joueur achète l’accès à un DLC dont il ne connaît pas encore le contenu.

Conseils : les DLC sont diversement appréciés des joueurs. Certains éditeurs amputent leur jeu de contenus initialement annoncés afin de les commercialiser ultérieurement sous forme de DLC payants. Par ailleurs, les DLC étant distribués en téléchargement et activés via un code, ils limitent les possibilités de reventes des jeux d’occasion.

Les accès anticipés ou « early access »

Comme son nom l’indique, un « accès anticipé » consiste à acheter un jeu à l’avance afin de pouvoir y jouer avant sa date de sortie officielle. L’accès anticipé peut consister en un accès aux jeux quelques jours avant son lancement officiel contre un surcoût plus ou moins modique ; avoir accès à une version inachevée du jeu, parfois plusieurs mois avant sa sortie commerciale.

Issu initialement de la scène indépendante, « l’accès anticipé » peut ainsi désigner la mise en vente d’un jeu inachevé, en phase « alpha » et ouvertement présenté comme tel. Le joueur accède ainsi à un jeu incomplet, souvent non optimisé, voire parfois susceptible de dysfonctionnements. L’achat prend alors des allures de soutiens financiers à l’équipe de développement. Le joueur peut être invité à participer plus ou moins directement à la conception du jeu en émettant son avis ou proposant des améliorations.

Conseil : le joueur doit être conscient d’acheter un jeu inachevé et doit s’assurer au préalable de l’état d’avancement du projet. Il arrive par ailleurs que des projets mis en vente en version « alpha » soient abandonnés en cours de développement et jamais achevés par le concepteur. Dans la plupart des cas, le joueur ne sera pas remboursé.

 

Ce qu’il faut retenir

  • Pour éviter que le joueur dépense des montants importants, renseignez-vous sur les conditions d’utilisation du jeu. Elles sont mentionnées sur la boîte du jeu ou sur le site de l’éditeur. Elles sont par ailleurs détaillées dans les règles du jeu et le Contrat Licence d’Utilisateur Final (CLUF).
  • Il est important d’accompagner le jeune joueur dans la découverte d’un nouveau jeu en ligne, notamment au moment de la première installation et de l’enregistrement.
  • Veillez bien à paramétrer le système de contrôle parental fourni avec le jeu, l’ordinateur ou la console.
  • Veillez également à ne pas laisser votre carte bancaire ou vos numéros de compte de paiement en ligne à disposition de votre enfant.