En matière de jeu vidéo, on entend couramment parler d’addiction ou de dépendance. Pourtant l’addiction ou la dépendance est un phénomène très complexe, caractérisé médicalement et qui relève de multiples facteurs. Elle est davantage observée en matière de jeu d’argent, notamment dans les casinos ou sur Internet. On ne constate pas, par exemple, d’état de manque en cas d’arrêt de l’activité dans le cas des autres jeux. Il est donc plus pertinent de parler de temps de jeu excessif.

Les raisons d’un temps de jeu excessif

Un temps de jeu excessif peut être révélateur de difficultés sociales, familiales ou relationnelles. Une pratique importante voire excessive de jeux vidéo n’est pas forcément pathologique et peut s’expliquer simplement par la passion ou l’engouement pour un jeu et par l’absence d’autres activités proposées par la famille.
Le temps de jeu excessif touche plus particulièrement les garçons, notamment entre 12 et 15 ans. L’entrée au lycée signe souvent une baisse du phénomène, le jeune trouvant d’autres sujets de préoccupation et de loisir.
Le problème touche en particulier les seconds et les troisièmes enfants d’une fratrie, les aînés amenant les plus jeunes à suivre leurs pratiques. On constate également un risque plus important lorsque le père consacre beaucoup de temps aux jeux vidéo. Les joueurs excessifs peuvent être devant leurs écrans plus de 8 heures par jour pour assouvir leur passion. Ce temps est en général pris sur les heures de sommeil.

Les répercussions d’une pratique dite excessive

Un état de fatigue général par manque de sommeil provoque une irritabilité et une nervosité plus importantes que la moyenne. L’enfant va avoir tendance à s’isoler, à avoir une vie sociale très restreinte. La communication familiale peut devenir de plus en plus difficile, l’enfant se retranchant derrière une attitude agressive et un déni de sa pratique excessive. Il peut également arrêter ou restreindre ses autres activités, notamment les activités sportives.
De plus, ses résultats scolaires peuvent baisser de façon importante ce qui peut modifier le cours de sa scolarité car le phénomène touche plus particulièrement les garçons à la période critique de l’orientation.

Quelques conseils

  1. De façon générale, veillez à ce que votre enfant ne se coupe pas de ses autres activités. Proposez-lui de pratiquer ensemble d’autres loisirs et de passer du temps à jouer avec lui à ses jeux vidéo préférés.
  2. Surveillez tous les changements de comportement, notamment les troubles psychiques : tristesse, anxiété, mélancolie… L’isolement et l’impossibilité de communiquer avec la famille sont également des symptômes qui doivent vous pousser à être attentifs.
  3. Il est très important de dialoguer avec l’enfant pour tenter de comprendre pourquoi il est tant attiré par le jeu vidéo. Il est recommandé de ne pas dévaloriser sa passion en considérant le jeu vidéo comme une bêtise ou perte de temps. Au contraire reconnaître la qualité des scénarios, du graphisme, de la musique permet un dialogue constructif.
  4. Comprendre les principes importants des jeux, notamment en termes de longueur de parties et de sauvegarde permet de fixer des règles claires et acceptables afin qu’elles soient acceptées et surtout respectées. Un joueur aura beaucoup de mal à stopper sa partie immédiatement mais pourra s’organiser pour sauvegarder ou prévenir ses partenaires si on le prévient de l’heure du repas. Il faut également, pour les enfants les plus âgés, poser des règles sur la participation à d’éventuelles compétitions ou équipes internationales qui peuvent engendrer, en raison du décalage horaire, des jeux à des heures indues.
  5. Il est bon de faire comprendre à son enfant que l’on sait que ces jeux sont « consommateurs de temps » et que le rôle du parent est de l’aider, pas de le frustrer. Vous pouvez également adapter les règles en fonction du calendrier scolaire, des jours de la semaine, de la quantité de devoirs à effectuer et de la facilité de l’enfant à les réaliser. Il est important de ne pas le laisser décrocher de ses études. 
  6. Si le phénomène du temps excessif de jeu se résorbe souvent de lui-même, il ne faut pas hésiter à se faire aider si l’on n’arrive pas à se faire entendre de l’adolescent. Un tiers ou un médecin de famille peut établir le dialogue avec l’enfant. Si la situation ne s’améliore pas, il est possible de consulter des spécialistes, par exemple dans certains centres d’addictologie comme les « Consultations Jeunes Consommateurs » ou auprès de Maisons des adolescents.