Jouer aux jeux vidéo peut avoir des conséquences sur le sommeil, soit parce que la pratique empiète sur les heures de sommeil, soit parce qu’elle provoque une excitation ou une anxiété qui peuvent perturber sa qualité. Un sommeil perturbé peut induire chez l’enfant de l’irritabilité, des troubles de la concentration et de la mémorisation, engendrant parfois des difficultés scolaires, une prise de poids… Les parents doivent donc être attentifs et ne pas hésiter à fixer des règles strictes.

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Des heures de sommeil en moins
Certains joueurs, notamment les adolescents, se laissent captiver par le jeu jusqu’à en oublier d’aller dormir. Il est important que les parents posent des règles précises, avec des heures de coucher à ne pas dépasser. En effet, pour un bon développement, les enfants de moins de 10 ans doivent dormir au minimum 10 heures par nuit et les adolescents ont, quant à eux, besoin encore de 8 à 9 heures.
Les soucis récurrents de réduction de temps de sommeil interviennent surtout avec des jeux en réseaux qui mettent en scène des mondes persistants ou avec des jeux par équipes auxquels participent des joueurs de différents pays et de différents fuseaux horaires.
Dans les mondes persistants, les situations évoluent même lorsque le joueur n’est pas connecté. Les infrastructures développées par les joueurs peuvent être attaquées. Le Docteur Sylvie Royant-Parola, médecin psychiatre et Présidente du réseau Morphée, réseau de santé consacré aux troubles du sommeil explique que « Certains joueurs programment des alertes sur leur smartphone pour jouer en cours de nuit. »
Pour les jeux internationaux, les parties se déroulent souvent sur rendez-vous et les équipes sont composées de jeunes de différents pays : les rendez-vous peuvent donc avoir lieu à des horaires extravagants, comme le milieu de la nuit, ce qui peut correspondre au début de soirée pour les Etats-Unis, par exemple.
Ces soucis ne touchent pas la majorité des joueurs mais une frange de la population, notamment les jeunes joueurs parvenus à un haut niveau de pratique.
« Les parents doivent donner des règles claires et ne pas transiger sur le temps de sommeil nécessaire à la poursuite d’une activité normale », recommande le Docteur Sylvie Royant-Parola. Elle préconise également de ne pas laisser de consoles de jeux portables, d’ordinateurs, de smartphones ou de tablettes dans la chambre au moment du coucher afin de réduire les tentations.

Un sommeil perturbé
A la différence de la télévision, le joueur n’est pas passif devant son écran mais pleinement acteur. Il va vivre intensément les situations subies par son personnage. La participation à des tournois et des compétitions peuvent aussi créer une véritable anxiété et une peur de ne pas être à la hauteur chez certains joueurs.
Les jeux peuvent ainsi provoquer une hyperstimulation qui retarde l’endormissement ou des éveils durant la nuit.
Ces réactions dépendent de la sensibilité du joueur et de son âge.
De plus, les écrans, notamment les écrans de type Retina, sont très riches en diodes bleutées ce qui a pour conséquence une hyperstimulation de la rétine. En effet, ils produisent une lumière proche de celle du jour, envoyant ainsi des messages erronés au cerveau pouvant causer un retard à l’endormissement et troubler les rythmes biologiques.
« Baisser la luminosité et son intensité est une solution très approximative », souligne le Dr Royant-Parola. « Mieux vaut fixer une heure de coucher et faire cesser la stimulation entre une heure et une heure trente avant le coucher en éteignant consoles et écrans », recommande-t-elle.
Les parents ont donc un rôle essentiel à jouer pour aider leurs enfants à se réguler, voire à s’autoréguler, afin de profiter des plaisirs des jeux vidéo sans souffrir de leurs éventuels inconvénients.

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