Le temps passé à jouer aux jeux vidéo est une des inquiétudes majeures des parents. La passion du jeu et les défis lancés par les jeux vidéo peuvent nécessiter d’y consacrer un temps important. En outre, le temps passés sur les jeux vidéo ne doit pas être isolé du temps des autres loisirs numériques. Mieux vaut raisonner « temps écrans » en cumulant télévision, tablette, ordinateur, console et même smartphone.

L’idée selon laquelle il existe un volume horaire de jeu idéal n’est ni prouvée, ni particulièrement judicieuse pour contrôler l’activité du joueur. En effet, si la limite de deux heures de jeu par jour est parfois avancée, rien ne prouve qu’elle garantisse une pratique adéquate, ni qu’au-delà de cette limite, la pratique devienne réellement problématique.

Aussi, il n’y a pas de temps de jeu de référence recommandé. Les parents doivent en revanche poser les limites et définir le temps de jeu en tenant compte :

  • de l’âge,
  • du caractère de l’enfant,
  • du temps scolaire,
  • du temps consacré aux autres activités.

La question du temps de jeu ne se réduit pas uniquement au temps consacré à ce loisir. Les moments de jeu doivent être aussi pris en compte et intégrés lors de la définition des règles. Ainsi, le temps autorisé pourra être adapté en fonction des périodes scolaires et extrascolaires, en tenant compte du planning de l’enfant. Si vous hésitez, sachez par exemple que le jeu vidéo ou la télévision avant l’école le matin sont souvent déconseillés par les enseignants pour éviter les troubles de la concentration. Le jeu vidéo juste avant de s’endormir est également à proscrire.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Le critère le plus approprié pour déterminer le seuil de « nocivité » d’un jeu vidéo sur le joueur est sans doute la perte de lien social qu’une pratique excessive du jeu est susceptible d’entraîner. L’amoindrissement des relations avec les autres membres de la famille ou les amis est un indicateur plus pertinent pour juger du caractère excessif de la pratique du jeu. Il est donc fortement recommandé de ne pas s’arrêter à une limite horaire excessivement réduite et inflexible lorsque vous fixez les règles de jeu qui s’imposent à votre enfant. Pour vous aider, vous pouvez aussi consulter les résultats d’une large étude de l’Académie des sciences sur l’effet des écrans sur les enfants.

Quelles solutions pour une meilleure gestion du temps de jeu ?

Accompagner ses enfants dans le monde du jeu vidéo, c’est contrôler trois points : l’accès, le temps et l’âge. Pour limiter les conflits, mieux vaut en parler avec les enfants, expliquer les règles en amont et bien déterminer les meilleurs moments pour jouer dans la semaine. Ces temps de jeux et d’écrans seront assez simples à déterminer au regard du planning scolaire et extrascolaire de vos enfants.

Il est ensuite primordial d’exprimer clairement ces règles afin que l’enfant sache quand il a le droit de jouer, par exemple après les devoirs, ou pendant le week-end, et ne se sente pas injustement interrompu au milieu d’une partie. Ce dialogue doit également mettre l’accent sur les caractéristiques du jeu, afin que la décision de l’interrompre intervienne au moment adéquat. Ainsi, il faut préférer à une limite temporelle rigide une limite qualitative : mieux vaut interrompre le jeu lors du franchissement d’une étape (fin d’une partie, d’une mission).

Le plus complexe sera bien sûr de faire respecter les règles. Il faudra d’ailleurs ne pas oublier de les faire évoluer au fur et à mesure que votre enfant grandit.

5 conseils pour vous aider à gérer les temps de jeu vidéo à la maison

  1. Établir des règles claires, précises, personnalisées et évolutives ;
  2. D’une manière globale, raisonner en « temps écrans » (TV, smartphone, jeux vidéo…) ;
  3. Ne pas laisser consoles de jeux portables, ordinateurs ou smartphones dans la chambre ;
  4. Dialoguer avec l’enfant pour tenter de comprendre pourquoi il est tant attiré par le jeu vidéo et poser avec lui les limites ;
  5. Veillez à ce qu’il ne se coupe pas de ses autres activités.

Le plus important est d’instaurer un véritable dialogue avec l’enfant, afin d’établir ensemble et sereinement les limitations qui seront apportées à son temps de jeu. En effet, ce dialogue doit permettre la compréhension des limites imposées et l’importance d’exercer en parallèle d’autres activités.

Faut-il utiliser les systèmes de coupure automatique ?

Afin de prévenir la pratique excessive d’un jeu vidéo, plusieurs solutions existent.

Si certains jeux comportent un système de coupure, qui stoppe le jeu après une certaine durée fixée par les parents, cette solution est loin d’être idéale. En effet, l’interruption brutale du jeu peut être mal vécue par le joueur, qui n’a pas le temps de sauvegarder sa partie, ou dont les efforts pour accomplir le but qu’il s’est fixé (mener à bien une mission par exemple) sont ainsi réduits à néant. La frustration ainsi engendrée par cette interruption brutale peut faire naître chez le joueur une certaine agressivité. Ainsi, si vous désirez recourir à cette méthode, il est recommandé d’informer votre enfant de l’activation de ce système de coupure. Veillez en outre à ce qu’il soit prévenu suffisamment à l’avance de la coupure à venir, afin de sauvegarder le fruit de son travail.

Par ailleurs, les systèmes de contrôle parental prévoient parfois la possibilité de verrouiller le jeu en-dehors de certaines plages horaires que vous définissez. Intéressante, cette solution permet de ménager un temps dans la journée durant laquelle l’enfant peut s’adonner à d’autres activités, faire ses devoirs, dîner en famille… Cela permet au joueur de préserver un espace de dialogue avec ses proches. Mais là encore, il est nécessaire de définir ces plages ensemble pour lui expliquer les raisons de cette limitation.

Enfin, les fenêtres indicatives du temps écoulé, qui existent sur certains jeux, ont une valeur relative, dans la mesure où elles sont souvent peu visibles dans le jeu, et n’ont qu’un effet incitatif faible.

Attention toutefois, lorsque certains parents décident d’interdire purement et simplement l’utilisation d’un jeu ou d’interrompre par exemple l’abonnement à celui-ci. Il faut en effet prêter une attention particulière à l’existence de possibilités de contournement de l’interdiction par le jeune joueur. Il existe d’ailleurs pour certains jeux en ligne des cartes prépayées, qui lui permettent de passer outre l’interdiction en renouvelant discrètement son abonnement au jeu. Il est dans d’autres cas possible de s’abonner directement par téléphone.